POUR LE JOUR DE SAINT VINCENT

La fête de Saint Vincent du 22 Janvier, fait référence à Saint Vincente, né en Espagne, vers 304 sous la persécution de Dioclétien.Il fut diacre de l’évêque de Saragosse et martyr, subissant d’abord la prison, puis le supplice, le chevalet, et le feu, sans abjurer sa foi, bien au contraire, en l’affirmant haut et fort.
La Légende dorée raconte son martyr avec force détails, peu probables. Mais il n’en demeure pas moins que Saint Augustin la raconte, ainsi que le Poète Prudence avec beaucoup d’ardeur et d’admiration. Voici ce que dit St Augustin :
« Le bienheureux Vincent vainquit dans les mots et vainquit dans les maux, il vainquit dans la confession (de sa Foi ) et vainquit broyé et vainquit noyé ».

Nous savons que la tradition lui a donné le Patronage des Vignerons. La chose peut paraître étrange, mais à bien examiner la légende, nous pouvons comprendre ce qui a amené le peuple des Chrétiens à voir en Lui le Parangon des Vignerons.

  • Notons que son nom Vincente vient du mot latin et Italique, qui signifie Vaincre !

Bien sûr, Vincent a vaincu par la foi, mais le rapprochement Vincent et le verbe « vaincre » doit nous rappeler que certaines légendes sont aussi et avant tout des Paraboles. St Augustin et Prudence n’en sont pas à leur premier exemple.

  • Maintenant rapprochons St Vincent et les Vignerons !

Dans le nom même de VINCENT nous lisons, ou entendons deux homonymies ; l’une simple : le VIN et l’autre auditive : le SANG. Or, qu’est ce qu’un martyr sinon le sang versé comme celui de Christ ? Mais qu’est ce qu’un raisin qui n’est pas broyé ? Un simple fruit. Il donne son jus rouge pour le transformer en SANG de la VIGNE. Et nous savons que Christ a dit « JE SUIS La VIGNE VOUS ËTES LES SARMENTS » Les sarments portent des fruits, mais ils doivent comme St Vincent être broyés, noyés dans la cuve pour produire le Vin qui est un immense symbole, dont la présence du Sang–de-Christ, à la messe n’est pas la moindre. Mais il faut ajouter à cela que le Vin a toujours été considéré, autour de la Méditerranée et ailleurs, comme l’Ambroisie des dieux, donnant l’accès à la Sagesse divine. Le but d’une vie est de transformer les fruits de notre Travail en Vin.
Nous connaissons tous, ici, le travail du vigneron, ses maux et ses craintes, ses souffrances ses victoires et ses défaites, mais il tente toujours de produire le meilleur Vin possible. Il accomplit son œuvre avec le Terroir qui est le sien, symbole de son Incarnation, les pieds dans la terre, et le chapeau dans le ciel, de sa Vie pour se transformer, comme Christ en Liqueur de Dieu. Et dans liqueur il y a Cœur mais là cela devient délirant !

Geneviève de Sauveterre de Guyenne